Où vous avais-je
laissé…? Ah oui, à Napier, Crab Farm, et ma décision de quitter la Nouvelle
Zélande...remise a plus tard…
J’ai donc accepté
cette aimable invitation et ai passé la soirée à dessiner puis ai naturellement
trouvé ma place en cuisine, à la plonge, un verre de vin ne se vidant jamais à
portée de la main.
Une ambiance décontractée,
familiale ; de la bonne bouffe, du très bon vin, autour d’un énorme feu
central, finissant par un bœuf à la
guitare entre Hamish Jardine, patron du lieu, et un ami à lui ; de quoi
faire changer d’avis…
Il s’avère qu’ils
étaient en fait en pleine rénovation de leur maison, type ranch américain, tout
en longueur, planté au sommet d’une « colline », avec une vue
absolument magnifique sur Napier et Hawks Bay. Aussi naturellement que j’ai
fini, la veille, en cuisine, je me suis retrouvée en deux deux un pinceau dans
la main, embauchée pour faire les peintures…une nouvelle carrière ?
C’en est suivi 3
semaines de plaisirs à partager la vie de cette grande et fabuleuse famille.
Ayant fini la rénovation
réinstallation ainsi que toutes les bricoles qu’ils m’ont donné à faire, je commençais
à tourner en rond et surtout, Salvador, le fils de Dominique, commençait à en
avoir marre de voir cette french lady supposée rester a couple of days, envahir
son territoire et voulait retrouver toute l’attention qui lui est normalement
due. Il était donc temps de reprendre la route, après avoir fait un petit tour
des vignobles alentour tout de même…
Je me suis appliquée
à suivre la route rocailleuse et tortueuse de la cote est. Une fois passe
Gisborne et la Poverty Bay, jusqu'à la Bay of Plenty, il n’y a que quelques communautés, majoritairement
maories, plutôt très pauvres, perdues ça et là dans les baies ponctuant le
trajet.
Un petit détour par
la gravel road menant à East Cap, le point le plus septentrional de Nouvelle Zélande,
un des premiers endroits à voir le levé du soleil, juste pour dire. Et
effectivement, juste pour dire, car la route aboutie en fait au centre de
collines et le phare, sur la pointe (j’imagine, car il était aux trois quart
masqué) est une propriété privée… Mais bon, il m’est arrivé un truc tellement
rigolo au retour que ça valait le déplacement. Un maori me suivant en moto m’a
fait signe de m’arrêter. Je me demandais au début quel pouvait bien être le problème,
je n’avais relevé aucun bruit, aucune odeur, et étais sure de ne pas avoir
laissé ni bébé ni gâteau au chocolat sur le toit du van. Bref, je me suis arrêtée et ai
baissé ma vitre, interrogative. Il a simplement engagé la conversation sur des
banalités -belle journée, l’hiver en NZ-… pour finir par me demander, avec un
naturel déconcertant, si j’avais envie d’une petite partie de jambes en l’air
avec lui. Je me suis esclaffée en déclinant son invitation.
Cette franche rencontre
m’a fait rire pendant un moment. Punaise, ça ne doit pas être évident tous les
jours de vivre dans une minuscule communauté, au bout du bout du monde !!
Il faut saisir l’occasion des qu’elle se présente sans tourner autour du pot.
Malgré le retour
des trombes d’eaux, la cote entre East Cap et Opotiki, départ
de la partie civilisée de la Bay of Plenty ou je me rendais, était vraiment superbe. Des embouchures de rivieres, de ruisseaux picturesques en bas de presque chaque cote, parsemées d'arbres orangés, rougeatres; des Maraes -salles communales maories- et des Tikis -totems maoris- plus beaux les uns que les autres...Peut
être un des plus beaux drive de l’île nord comme Hamish me l’avait déclaré.
Enfin, il m'en reste encore une bonne part a découvrir et ca n'avait, toutefois, rien a voir avec la magnificence des cotes de l’île sud…enfin, le
refaire en plein été me ferait peut être changer d’avis.
J’ai continué de profiter de l’hospitalité des
Jardine quelques jours encore, a Opotiki, dans leur « maison de la
plage », avant de retourner a mes errances solitaires.